Pourquoi la libéralisation fait monter les prix
26/10/2011 08:36 par dlr14ème_62
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Pourquoi la libéralisation fait monter les prix
26/10/2011 08:36 par dlr14ème_62
Il y a une dizaine d’années, on nous vendait la libéralisation des services publics comme un moyen de faire baisser les prix. Mais depuis, on constate qu’au contraire, les prix ont largement tendance à progresser, démontant l’argument principal des tenants du recul de l’Etat.
Un problème d’économie d’échelle
Il ne s’agit pas de remplacer un dogmatisme par un autre. Si la libéralisation n’est pas la solution dans bien des domaines, tout ne relève pas non plus du service public. Et si le marché a ses imperfections, l’Etat les a également. Néanmoins, pour de nombreux secteurs économiques, il est plus pertinent de les conserver dans le giron de l’Etat. C’est le cas pour les « monopoles naturels », les secteurs qui nécessitent d’énormes investissements qui conduisent à des oligopoles.
Cela concerne l’électricité, le courrier ou du transport ferroviaire. Dans ces domaines, il serait totalement absurde de créer deux réseaux parallèles. Mieux vaut un seul réseau pour générer des économies d’échelle. C’est pour cela que les eurocrates veulent privatiser uniquement la distribution tout en imposant des règles ubuesques pour essayer d’assurer de la concurrence sur un tout petit morceau de la chaine de valeur. Mais en fait, le maintien de services publics a plus de sens.
Un problème de profits et de publicité
En effet, ce que l’on voit dans le cas de la privatisation des services publics est presque systématiquement une hausse des prix et une baisse du service aux clients. La raison est assez simple. Si on privatise et met en concurrence des entreprises de distribution d’électricité, outre la perte d’économie d’échelle, on rajoute des dépenses de publicité et de commercialisation pour assurer la concurrence, et une exigence de profits plus élevés des marchés par rapport à l’Etat.
Résultat, les gains de productivité qui peuvent être réalisés par le privé (il faut le reconnaître), sont souvent largement compensés par ces trois leviers. Résultat, comme on a pu le voir avec les renseignements téléphoniques, les prix se sont envolés et le service s’est détérioré. Les seuls qui en ont profité sont les chaines de télévision qui ont empoché les dépenses publicitaires. Bref, dans bien des cas, la privatisation se fait au détriment du service public.
Un problème d’incertitude
Il y a un troisième facteur d’augmentation des prix qui vient de l’incertitude qu’apportent la concurrence et la privatisation. En effet, elles apportent une incertitude qui peut décourager les investissements à long terme. Peut-on imaginer une seconde un EDF privé investissant aussi lourdement dans le nucléaire ? Le capitalisme actionnarial n’est pas toujours le plus efficace car il est beaucoup trop soumis aux humeurs des marchés et des résultats trimestriels.
Un autre secteur offre un exemple très parlant. Il y a vingt ans, l’agriculture était protégée par des prix minimums et l’Europe produisait des excédents. Si cette situation n’était pas sans poser de problème, les prix étaient beaucoup plus stables. Et si la libéralisation a d’abord fait baisser les prix, dans un second temps, l’incertitude sur le niveau des prix retarde les investissements, freinant la capacité de production, et in fine, fait monter les prix comme nous le constatons.
Bref, la libéralisation et la privatisation ne sont pas forcément les solutions. Les services publics à la Française ont beaucoup plus de sens sur bien des domaines. Malheureusement, Jacques Chirac et Lionel Jospin les ont sacrifiés sur l’autel de leur foi européenne.
Laurent Pinsolle, porte-parole de DLR
http://www.gaullisme.fr/2011/10/25/liberalisation-services-publics/
NDA en Haute-Marne de 27 octobre
26/10/2011 08:30 par dlr14ème_62
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NDA en Haute-Marne de 27 octobre
26/10/2011 08:30 par dlr14ème_62
Nicolas Dupont-Aignan sera en déplacement en Haute-Marne le 27 octobre prochain.
Il en profitera pour rencontrer les adhérents et sympathisants du département.
Les Argentins votent pour la démondialisation
25/10/2011 15:55 par dlr14ème_62
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Les Argentins votent pour la démondialisation
25/10/2011 15:55 par dlr14ème_62
Le triomphe de Cristina Kirchner
Le couple Kirchner est arrivé au pouvoir début 2003 et a présidé au redécollage de l’Argentine après la terrible crise de 1998-2002. Après l’échec du lien entre le peso et le dollar, qui avait bien cassé l’inflation, mais qui avait également détruit la croissance, le pays avait dévalué de 72% et de fait défaut sur sa dette, provoquant une panique financière en 2002. Cependant, l’aggravation de la crise a été le prélude à un redécollage économique spectaculaire.
Une réussite économique
Bien sûr, l’Argentine souffre d’une inflation importante, mais l’ensemble des résultats économiques du pays est spectaculaire. Tout d’abord, le pays affiche une croissance de 8% par an depuis 2003 (à l’exception de 2009 naturellement). Certes, la crise a été violente, puisque le PIB avait reculé de 10% de 1998 à 2001 puis de 10% de plus sur la seule année 2002, du fait de la panique financière provoquée par la fin du lien avec le dollar et la conversion autoritaire des comptes privés.
Le pays du protectionnisme
En effet, cela ferait mal au Monde d’admettre que la recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation. Si Buenos Aires a réussi son redécollage économique, c’est en refusant toutes les règles économiques (anarchie commerciale, monétaire et financière) que le quotidien vespéral, qui se dit pourtant de gauche, défend. L’Argentine n’a plus rien emprunté aux marchés financiers depuis dix ans. Et c’est un choix politique (la Russie a choisi de revenir sur les marchés).
Et cela marche aussi politiquement, quand on constate le triomphe électoral de Cristina Kirchner. L’opinion publique européenne est convaincue, comme le montre l’association pour un débat sur le libre-échange. Pourtant, les grands partis font la sourde oreille. Ils finiront par être balayés.
Laurent Pinsolle
http://www.gaullistelibre.com/2011/10/les-argentins-votent-pour-la.html#more
NDA dans la Vienne le 26 octobre
25/10/2011 15:47 par dlr14ème_62
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NDA dans la Vienne le 26 octobre
25/10/2011 15:47 par dlr14ème_62
Nicolas Dupont-Aignan sera en déplacement dans la Vienne le 26 octobre prochain.
Il en profitera pour rencontrer les adhérents et sympathisants du département.
http://www.debout-la-republique.fr/NDA-dans-la-Vienne-le-26-octobre.html
Nicolas Dupont-Aignan face aux étudiants montpelliérains
25/10/2011 15:39 par dlr14ème_62
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Nicolas Dupont-Aignan face aux étudiants montpelliérains
25/10/2011 15:39 par dlr14ème_62
Nicolas Dupont-Aignan a répondu à l’invitation des étudiants de droit et de sciences politiques de Montpellier 1 pour une conférence sur le thème : "l’UE : stop ou encore ?". L’occasion de dénoncer la caricature et les politiques économiques et sociales de dirigeants qui sont les véritables fossoyeur de l’idée européenne.
Conférence de Nicolas Dupont-Aignan à Montpellier par dlrtv
http://www.debout-la-republique.fr/Nicolas-Dupont-Aignan-face-aux.html
Pourquoi la libéralisation fait monter les prix
24/10/2011 15:53 par dlr14ème_62
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Pourquoi la libéralisation fait monter les prix
24/10/2011 15:53 par dlr14ème_62
Il y a une dizaine d’années, on nous vendait la libéralisation des services publics comme un moyen de faire baisser les prix. Mais depuis, on constate qu’au contraire, les prix ont largement tendance à progresser, démontant l’argument principal des tenants du recul de l’Etat.
Un problème d’économie d’échelle
Il ne s’agit pas de remplacer un dogmatisme par un autre. Si la libéralisation n’est pas la solution dans bien des domaines, tout ne relève pas non plus du service public. Et si le marché a ses imperfections, l’Etat les a également. Néanmoins, pour de nombreux secteurs économiques, il est plus pertinent de les conserver dans le giron de l’Etat. C’est le cas pour les « monopoles naturels », les secteurs qui nécessitent d’énormes investissements qui conduisent à des oligopoles.
Cela concerne l’électricité, le courrier ou du transport ferroviaire. Dans ces domaines, il serait totalement absurde de créer deux réseaux parallèles. Mieux vaut un seul réseau pour générer des économies d’échelle. C’est pour cela que les eurocrates veulent privatiser uniquement la distribution tout en imposant des règles ubuesques pour essayer d’assurer de la concurrence sur un tout petit morceau de la chaine de valeur. Mais en fait, le maintien de services publics a plus de sens.
Un problème de profits et de publicité
En effet, ce que l’on voit dans le cas de la privatisation des services publics est presque systématiquement une hausse des prix et une baisse du service aux clients. La raison est assez simple. Si on privatise et met en concurrence des entreprises de distribution d’électricité, outre la perte d’économie d’échelle, on rajoute des dépenses de publicité et de commercialisation pour assurer la concurrence, et une exigence de profits plus élevés des marchés par rapport à l’Etat.
Résultat, les gains de productivité qui peuvent être réalisés par le privé (il faut le reconnaître), sont souvent largement compensés par ces trois leviers. Résultat, comme on a pu le voir avec les renseignements téléphoniques, les prix se sont envolés et le service s’est détérioré. Les seuls qui en ont profité sont les chaines de télévision qui ont empoché les dépenses publicitaires. Bref, dans bien des cas, la privatisation se fait au détriment du service public.
Un problème d’incertitude
Il y a un troisième facteur d’augmentation des prix qui vient de l’incertitude qu’apportent la concurrence et la privatisation. En effet, elles apportent une incertitude qui peut décourager les investissements à long terme. Peut-on imaginer une seconde un EDF privé investissant aussi lourdement dans le nucléaire ? Le capitalisme actionnarial n’est pas toujours le plus efficace car il est beaucoup trop soumis aux humeurs des marchés et des résultats trimestriels.
Un autre secteur offre un exemple très parlant. Il y a vingt ans, l’agriculture était protégée par des prix minimums et l’Europe produisait des excédents. Si cette situation n’était pas sans poser de problème, les prix étaient beaucoup plus stables. Et si la libéralisation a d’abord fait baisser les prix, dans un second temps, l’incertitude sur le niveau des prix retarde les investissements, freinant la capacité de production, et in fine, fait monter les prix comme nous le constatons.
Bref, la libéralisation et la privatisation ne sont pas forcément les solutions. Les services publics à la Française ont beaucoup plus de sens sur bien des domaines. Malheureusement, Jacques Chirac et Lionel Jospin les ont sacrifiés sur l’autel de leur foi européenne.
Laurent Pinsolle
La revanche de Philippe Séguin
24/10/2011 14:35 par dlr14ème_62
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La revanche de Philippe Séguin
24/10/2011 14:35 par dlr14ème_62
Vendredi, Maurice Szafran, directeur de Marianne, qui débattait avec Natacha Polony sur iTélé, nous a gratifié d’un superbe aveu. Il s’est moqué de « tous ces gens intelligents », parmi lesquels il semblait s’inclure avec humilité, qui nous avaient expliqué lors de l’adoption du traité de Maastricht, qu’il n’était nul besoin d’accompagner une union monétaire de la création d’un Etat, fédéral en l’occurrence. Ce faisant, ces fameux « intelligents » avaient, selon l’éditorialiste, commis une erreur historique dont les résultats étaient aujourd’hui sous nos yeux à tous.
Szafran a raison. Cependant, nous ne saurions, pour notre part, en rester là. Ce que l’éditorialiste nous dit aujourd’hui, Philippe Séguin l’a dit à la France il y a un peu plus de dix-neuf ans. Il nous l’a expliqué, dans son fameux Discours pour la France, prononcé à l’Assemblée Nationale dans la nuit du 5 au 6 mai 1992, alors qu’il défendait une exception d’irrecevabilité. Il l’a redit le lendemain dans un débat animé par Anne Sinclair qui l’opposait au ministre des affaires étrangères Roland Dumas, je le cite de mémoire : « Cette Europe est une Europe à vocation fédérale. L’expression figurait dans le texte de base. Vous avez choisi de le retirer pour n’effrayer personne. C’était la cerise sur le gâteau. Vous avez enlevé la cerise mais le gâteau est toujours là ! ». Quelques mois plus tard, face à François Mitterrand, Philippe Séguin récidivait. Il rappelait que la monnaie unique ne pourrait pas fonctionner si elle n’était pas assise sur un Etat fédéral et le Président niait, remportant, de l’avis de tous les « gens intelligents », ce fameux débat à la Sorbonne.
Ce que Séguin reprocha, dans cette campagne, à la plupart des partisans du oui, c’est de ne pas annoncer honnêtement la couleur. Selon lui, le débat aurait dû porter non pas seulement sur l’union monétaire, mais sur la vocation de la France -et de tous les autres peuples signataires du traité- à transférer leur souveraineté à un Etat fédéral alors qu’il n’existait pas de peuple européen. Je ne pense pas me tromper en écrivant que si tel avait été le cas, l’issue du référendum aurait été radicalement différente. De toute évidence, François Mitterrand pensait la même chose.
C’est toute l’histoire de la construction européenne « à la Monnet ». A chaque fois, on réclame une « avancée » pour réparer les « insuffisances » de « l’avancée » précédente. Là encore, le Séguin de la campagne référendaire de 1992 dit tout : « On nous raconte que sans Maastricht, le marché unique est dangereux. Lorsqu’on nous a demandé d’adopter ce dernier, je ne me souviens de personne qui nous ait dit : vous allez voter pour un traité dangereux. » Ne soyons donc pas dupes. On nous raconte, pour la énième fois, la même histoire, afin de nous faire avaler in fine ce qu’on a toujours voulu que nous avalions, refusant même le TCE qui constituait une étape intermédiaire, les fameux « Etats-Unis d’Europe ».
Qui était donc le plus intelligent en 1992 ? Maurice Szafran, comme Claude Allègre et bien d’autres, rendent aujourd’hui hommage à Séguin ou à Chevènement, lequel mena le même combat. Mais que n’a t-on pas dit à l’époque de ces deux-là ? Je me souviens avoir écrit au journal de Szafran, L’Evènement du Jeudi, pour protester parce que les partisans du non y avaient été dépeints comme des dinosaures. Jacques Julliard, aujourd’hui éditorialiste à Marianne, mais qui écrivait au Nouvel Obs, avait surnommé quant à lui Séguin « L’ours préhistorique ». Charmant…
Et bien que ce débat sur la nécessité d’un Etat fédéral ait lieu. Qu’il ait lieu et qu’on vote, à la fin. En France, en Allemagne, partout en Europe. Nous nous plierons au résultat comme en 1992. Nous nous plierons au résultat comme Nicolas Sarkozy, le PS et la presse unanime ne le firent pas en 2005. Mais, cette fois-ci, nous ne nous laisserons pas faire si nous gagnons. Il n’y aura pas d’Europe fédérale, et nous retrouverons notre monnaie nationale.
Chiche ?
- La fameuse PESC (politique européenne de sécurité commune) conservait peu ou prou une substance intergouvernementale et il ne la combattait pas, ou en tout cas avec la même ardeur.
- Qui me publia, d’ailleurs. L’esprit Jean-François Kahn flottait dans l’hebdo.
- Quant à Maurice Szafran, juste après avoir reconnu l’erreur des « intelligents », il se laisse aller à qualifier les partisans de la sortie de l’euro de « fous furieux ». Quel dommage, après ce témoignage de lucidité !
Nicolas Dupont-Aignan est un mauvais voyagiste
24/10/2011 11:47 par dlr14ème_62
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Nicolas Dupont-Aignan est un mauvais voyagiste
24/10/2011 11:47 par dlr14ème_62
Ce vendredi 20 octobre, Nicolas Dupont-Aignan, député l’Essonne et candidat à l’élection présidentielle, était invité sur iTélé.
A la veille du sommet européen de ce week-end, visant à préparer le sommet européen de mercredi, visant lui-même à préparer le G20 des 3 et 4 novembre à l’issue duquel on se décidera peut-être enfin à nous avouer que l’eurozone est foutue, il fut logiquement question du « sauvetage » de l’euro. D’ailleurs, quand on invite « NDA » c’est pour qu’il fasse son numéro eurosceptique. Cela semble amuser follement les journalistes qui n’hésitent pas, pour que le show soit réussi, à tendre eux-mêmes à l’élu gaulliste la verge avec laquelle il les rossera.
C’est ainsi qu’au détour d’une interview pourtant fort sérieuse, une jeune et jolie brune osa cette question confondante de naïveté bourgeoise « comment ferons-nous, si l’euro disparaît, pour voyager en Europe ? ».
Saperlipopette ! Voilà bien une question qu’on omet trop souvent d’aborder, tant nous avons pris l’habitude de parcourir les plages thaïlandaises, d’arpenter la grande muraille de Chine, de flotter sur l’onde de la mer Morte et de batifoler parmi les girafes de Namibie. Comment feront ceux d’entre-nous que l’indigence oblige à se contenter de promenades intracontinentales pour divaguer à leur aise dans une Europe sans euro ?
Voilà bien la question de la dernière chance. La question de l’interviewer qui a compris qu’il n’y en a plus d’autres à poser, et que l’euro est condamné.
Nicolas Dupont-Aignan se souvient quant à lui que tout le monde n’a pas le loisir de se poser ces questions-là. Sans doute a-t-il lu Zygmunt Bauman, et en a-t-il retenu que « ce qui sert de distinction entre ceux qui sont "en haut" et ceux qui sont "en bas" de la société de consommation, c’est leur degré de mobilité, c'est-à-dire leur liberté de choisir l’endroit où ils veulent être ».
Non, nous ne pouvons pas tous sillonner l’Europe. Non, nous n’avons pas tous l’heur d’être des « touristes » au sens baumanien. La réponse de NDA fut d’ailleurs sans appel: « pour pouvoir voyager, encore faut-il avoir un boulot ».
Coralie Delaume
L’Europe repousse la sortie de la crise
24/10/2011 11:36 par dlr14ème_62
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L’Europe repousse la sortie de la crise
24/10/2011 11:36 par dlr14ème_62
Une nouvelle victoire pour Angela Merkel
Comme d’habitude, la France est venue avec des propositions qui ont été retoquées par l’Allemagne. Les équipes de Nicolas Sarkozy souhaitaient en effet transformer le FESF en une banque et lui faire emprunter à la BCE pour démultiplier sa force de frappe. D’abord, on peut s’interroger sur une solution qui consiste à ajouter une couche de dettes européennes en plus des dettes nationales alors que les marchés sont méfiants à l’égard des dettes souveraines.
En fait, elle permettait de ne pas augmenter les engagements des Etats et revenait à une forme de monétisation déguisée des dettes souveraines, une solution proche de celle prônée par Chevènement. Mais l’Allemagne a dit « nein » et Nicolas Sarkozy a concédé que « ce n’est pas aux chefs d’Etat et de gouvernement de donner quelque instruction que ce soit » à la BCE, réaffirmant l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, qu’il voulait pourtant réduire.
En outre, l’Allemagne aurait obtenu de faire accepter aux banques créancières de la Grèce une décote de 50%, plus proche de l’évaluation des marchés. Il y a quatre mois, cette solution était pourtant taboue. Une recapitalisation d’une centaine de milliards d’euros devrait également être entérinée. Reste un point d’incertitude : l’augmentation (ou non) des moyens du FESF. L’Allemagne s’y opposait malgré la pression des marchés, de la France et des eurocrates.
Vers une prolongation de la crise
Une telle issue, si elle était confirmée, aurait de nombreuses conséquences. Tout d’abord, elle confirme le discours des alternatifs, qui avaient été parmi les premiers à souligner que la Grèce n’honorerait pas sa dette, et ridiculise les dénis effarouchés du gouvernement. Le discours de NDA à l’Assemblée en mai 2010 prend une dimension prophétique. Il est un des seuls dirigeants politiques à avoir vu juste alors que le déni du PS et de l’UMP est démasqué.
Mais cet accord n’est pas sans poser de nombreux problèmes. Tout d’abord, comme le souligne Hervé Nathan sur son blog, il consacre la suprématie absolue de l’Allemagne qui, après avoir cédé au printemps 2010, dicte son agenda et annonce toujours plus de cette austérité délétère au reste de l’Europe. Suivant l’arrêt de la cour de Karlsruhe, Angela Merkel va soumettre l’accord au Bundestag, le seul à avoir le droit de se prononcer avant la réunion de mercredi.
Bref, rien n’a été réglé. Pas de grand saut fédéral, pas de retour aux nations, une décote légitime de la dette grecque, mais absolument aucune initiative pour relancer la croissance et l’emploi, un fonctionnement ubuesque et une mainmise allemande. La zone euro reste dans une impasse.
Laurent Pinsolle
http://www.gaullistelibre.com/2011/10/leurope-repousse-la-sortie-de-la-crise.html#more